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Maison d'édition Karthala

La maison d'édition Karthala a été fondée en mai 1980, à Paris, avec pour objectif la publication et la diffusion de textes sur les questions internationales en rapport avec les pays du Sud. Vingt ans après les indépendances des années 1950 et 1960, le besoin se faisait sentir de nouvelles approches politiques de ce que l'on appelait alors le "Tiers monde", et en particulier de l'Afrique.


Un article sur RFI par Sabine Cessou (31 octobre 2014) "Les éditions Karthala prennent un coup de jeune"

 


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TISSEAU Violaine

Être métis en Imerina (Madagascar) aux XIXe-XXe siècles

27,00 € TTC

Résumé

Si cet ouvrage est centré sur le moment colonial (1896-1960), il remonte néanmoins au XIXe siècle précolonial pour montrer comment la colonisation a construit la catégorie « métis ». Il intègre aussi des prolongements contemporains en analysant comment les métis ont su contourner ou se réapproprier cette catégo-risation en jouant de leurs appartenances multiples.

Détails

ISBN 9782811118556
Nombre de pages 418
Hauteur 240 mm
Largeur 160 mm
Date de parution 2017
Date de publication 22/05/2017

Editeur

Karthala

Collection

Hommes et sociétés

Zone(s) géographique(s)

Afrique

Thématique(s)

Histoire, Peuples et sociétés

Description complète

L’histoire de Madagascar est marquée, depuis l’origine de son peuplement, par l’importance des courants migratoires. De ce fait, les relations intimes entre vazaha (étrangers) et malgaches y sont anciennes. La colonisation de l’île, en 1896, va pourtant conduire à l’émergence de la « question des métis », commune à l’ensemble de l’empire français. Soucieuses de maintenir une situation coloniale hiérarchisée, ordonnée et cloisonnée, les autorités entreprirent une politique particulière à l’égard des métis, qui s’est concrétisée notamment par leur dénombrement, leur prise en charge dans des institutions spécifiques et l’aménagement de la législation pour faciliter leur accès à la citoyenneté française.


Parce que les institutions recueillant les métis y étaient localisées, parce que ces derniers y étaient les plus nombreux et parce que les relations avec l’étranger y étaient ambivalentes, l’Imerina devint le lieu principal d’expression de cette « question métisse ». Or, cette société était organisée en groupes statutaires hiérarchisés dont les unions étaient réglementées. Son fonctionnement en foko (dèmes) associait en outre territorialité et ancestralité. Dès lors, comment les métis, dont l’origine dérogeait en partie à ces règles, ont-ils pu inscrire leurs trajectoires dans cette région ?


Si cet ouvrage est centré sur le moment colonial (1896-1960), il remonte néanmoins au XIXe siècle précolonial pour montrer comment la colonisation a construit la catégorie « métis ». Il intègre aussi des prolongements contemporains, en analysant, notamment à travers les récits de vie, comment les métis ont su contourner ou se réapproprier cette catégo-risation en jouant de leurs appartenances multiples.

Violaine Tisseau, docteure en histoire de l’Université Paris Diderot – Laboratoire CESSMA (ex-SEDET), est chargée de recherche au CNRS et membre de l’IMAF (UMR 8171). Elle poursuit actuellement des travaux en histoire sociale de Madagascar aux XIXe et XXe siècles, portant en particulier sur l’histoire de la famille et de la domesticité.
Préface de Faranirina V. Rajaonah

Table des matières

Préface Faranirina V. RAJAONAH

Introduction

 

1. Rencontre entre Merina et Européens au XIXe siècle

La société merina : hiérarchie, ancestralité et territorialité

Organisation en groupes statutaires

Les foko : l’enracinement territorial entre ancestralité et résidence

Les mutations en Imerina au XIXe siècle

Les étrangers en Imerina : intégration et mise à distance

Laborde, entre visées coloniales et enracinement (1830-1878)

Sa venue en Imerina

Le choix d’une épouse métisse et l’ancrage par les femmes

Instrumentalisation de Laborde au profit de logiques politiques internes

Laborde est la clé qui ouvre les portes de la capitale

Laborde reste un étranger : exil et fin de vie

Maillage territorial en Imerina : vers la constitution d’un tanindrazana

Construction du tombeau et enterrement de Laborde, signes d’un ancrage réussi et prémices de disputes coloniales

Du décès de Jean Laborde à la colonisation : la terre comme enjeu des relations franco-merina (1878-1896)
Métissage, filiation et héritage

La terre, tanindrazana (terre des ancêtres) contre valeur marchande

Contenir les unions mixtes pour préserver la propriété de la terre : la loi de 1887, à la confluence entre contrôle des individus et définition d’une « nationalité »

Intégration du métissage dans le discours français justifiant la colonisation de Madagascar

Multiplication des contacts personnels entre les Merina et les Européens

Contact au masculin et discours sur la femme merina : l’invention de la ramatoa

Constitution des premiers couples mixtes

 

2. La situation coloniale ou comment le métis devient suspect

Regards de l’un sur l’autre : ériger des frontières

« Race », « civilisation », « progrès » : des catégories pour classer le monde et penser la colonisation

Le métis : du sujet anthropologique au problème colonial

Les origines du peuplement de Madagascar : l’inscription du métissage dans l’histoire de l’île

Les Merina et les autres : « politique des races » et efficacité coloniale

Couples mixtes en situation coloniale : maintenir les frontières

De la prostitution aux unions durables

Une image dépréciative de la femme merina, entre lascivité, vénalité et manipulation

La violence de la rencontre

Une proximité dangereuse : décivilisation et perte de prestige

Tout le monde n’a pas le même droit à se métisser : respectabilité bourgeoise et contrôle social

« Le métis », entre fantasmes et réalités

Le métissage comme instrument de colonisation : « adapter » la population aux colonies

Les métis comme intermédiaires et la mise en concurrence avec les créoles

Une menace potentielle contre l’ordre colonial et la crainte du déclassement des métis

La perception de la « question métisse » : du débat anthropologique à la question sociale

 

3. La « question métisse » : un problème social

La prise en charge des métis : un enjeu pour les autorités coloniales

Des autorités partagées entre la crainte d’isoler les métis et la nécessité de secourir des enfants perçus comme vulnérables

Le refus d’une intervention directe

La Société d’assistance et de protection des enfants métis (SAPEM)

La création de la SAPEM

Les effectifs de l’école des enfants métis

Les objectifs de l’école des enfants métis

Autres actions et portée de la SAPE

L’oeuvre des Paulins, l’oeuvre d’un homme

La mise en place de l’oeuvre des Paulins

Une prise en charge matérielle et une oeuvre d’éducation morale

Les résultats obtenus

Le salut par le foyer : l’oeuvre des Franciscaines missionnaires de Marie

La création de l’orphelinat des métisses comme figure imposée

Apprendre à être d’honnêtes femmes et de bonnes épouses

 

4. La résolution juridique de la question métisse, du cas par cas à une solution plus ouverte

Devenir citoyen français car fils de... : donner un statut aux enfants reconnus

Premier pas : la circulaire de 1913

Comment régler définitivement la question du statut des métis reconnus ?

Le décret de 1916 : la reconnaissance de la citoyenneté des métis

Devenir citoyen français car Malgache et de « sang français » : l’application du décret Fallières de 1909

Présentation du décret de 1909

Un accès plus aisé à la citoyenneté

Portraits des bénéficiaires

Les prémices d’une catégorisation juridique ?

Mesurer le loyalisme et l’attachement à la France

Devenir citoyen français car métis : le décret du 21 juillet 1931

L’élaboration du décret
Les mesures du décret : ouvrir la citoyenneté aux métis non reconnus

L’application du décret

 

5. Stratégies des parents de métis et des métis

De l’usage de l’état civil européen : la reconnaissance

Ne pas reconnaître son enfant

La banalisation de l’acte de reconnaissance

Donner un statut à ses enfants

Noms et prénoms

Les stratégies éducatives au coeur des processus de reclassement

Précocité de la scolarisation en Imerina

L’organisation du système scolaire colonial : hiérarchisée, localisée, pyramidale, discriminée et discriminante

La place des métis dans cet environnement scolaire : les aménagements de la législation

Une institution scolaire investie différemment par les parents et pour leurs enfants

L’attrait du réseau scolaire public européen

Le choix de l’enseignement dans les écoles catholiques

La fréquentation des écoles malgaches des deuxième et troisième degrés

Le séjour andafy (au-delà des mers)

Terminer ses études en France

Le passage par l’armée pour accéder à la citoyenneté

 

6. Des familles, entre ouverture et fermeture

Les formes des couples mixtes

Les unions en Imerina : des liens réglementés

Du concubinage au mariage pour les femmes malgaches et les hommes européens

Hommes malgaches et femmes européennes : rareté des unions et légitimité obligée ?

Les générations suivantes : des possibilités différentes d’union selon le sexe et la localisation

Les stratégies d’alliances : classement, déclassement, reclassement

L’apparition d’une endogamie métisse ?

Vers le milieu européen : recherche de l’hypergamie et sauvegarde identitaire
Vers le milieu malgache : incarnation de la proximité entre Européens et Malgaches et inscription dans les logiques merina

La famille, un capital social entre publicité et affaire privée

La maisonnée, de la famille nucléaire à l’entourage familial

Liens et réseaux

 

7. Vivre à Antananarivo et à Antsirabe : la constitution d’un groupe social urbain ?

Des métiers citadins

Le projet colonial et la réalité

Classe moyenne et sociabilité professionnelle

Le cantonnement à des postes subalternes et techniques de la fonction publique

La difficulté d’accéder à des professions libérales et aux talents

Une sociabilité entre métis ?

À Antananarivo, la possibilité d’une sociabilité multiple

À Antsirabe, un groupe moins visible : isolement ou meilleure insertion ?

Faire figure d’Européens

Quartiers et maisons : s’insérer dans l’espace

Des habitudes alimentaires entre quotidien et représentation

Se vêtir

 

8. À l’écart des villes : être notable, « vivre à la malgache »

La terre comme point commun à une diversité de situations

La tentative de colonisation militaire en Imerina (1896-1905) : des résultats décevants mais un enracinement de la population

Le concessionnaire, entre ville et brousse

Variations autour de la terre

Sans la terre, que faire ?

Travailler pour l’État

L’insertion dans le tissu économique local et la place d’intermédiaires : petit commerce, artisanat, transporteur, hôtellerie

Devenir malgache

Vivre isolé et à l’écart du contrôle des vazaha

Vers l’oubli du métissage


9. S’enraciner en Imerina, à Madagascar ?

Le lien au tanindrazana entre appartenance sociale et identité culturelle

La difficile inhumation au tombeau des ascendants malgaches

La pratique du faire-part de décès

Le choix du lieu d’inhumation : se créer ou non un tanindrazana

La construction du tombeau : respect des pratiques merina et choix architecturaux

Le famadihana

L’insertion dans le tissu social merina par l’ancrage territorial et le retour au village ancestral

Tanindrazana et adidy

Un lien intime au tanindrazana : apprentissage de l’histoire familiale et relations aux ancêtres

Au-delà d’une identité métisse et merina, l’engagement politique au nom d’une nation, au lendemain de la Seconde Guerre mondiale

Le nouveau contexte politique malgache et les revendications d’indépendance

L’absence de revendications des métis

Les formes d’engagement dans la vie publique

David Landry : être métis et lutter pour l’indépendance

Louis Rakotomalala : le métissage reconnu, accepté et utilisé

 

Conclusion

Ils en ont parlé

Entretien avec Violaine Tisseau dans l'émission 64' Grand Angle de TV5 Monde (juillet 2017)

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