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Auteur(s) :Sandra FANCELLO et André MARY
Résumé :
Au début des années 1930, les administrateurs de l’Afrique Équatoriale Française se trouvent confrontés à un « indigène » perturbateur dont l’état mental justifie à leurs yeux l’internement. Le jeune Benoît Ogoula Iquaqua, tout juste élu Chef Supérieur des Oroungou, voit cette élection refusée par l’administration coloniale. La crise délirante qui s’en suit, au cours de laquelle Benoît Ogoula se déclare « roi du Gabon », chargé d’une « mission divine », conduit à son arrestation et à sa déportation en Oubangui-Chari. À partir de documents d’archives et d’une enquête menée au Gabon, cet ouvrage explore les circonstances dans lesquelles l’administration française eut recours au registre de la «folie mystique» envers le jeune roi élu.
Au début des années 1930, les administrateurs de l’Afrique Équatoriale Française se trouvent confrontés à un « indigène » perturbateur dont l’état mental justifie à leurs yeux l’internement. Le jeune Benoît Ogoula Iquaqua, tout juste élu Chef Supérieur des Oroungou, voit cette élection refusée par l’administration coloniale.
La crise délirante qui s’en suit, au cours de laquelle Benoît Ogoula se déclare « roi du Gabon », chargé d’une « mission divine », conduit à son arrestation et à sa déportation en Oubangui-Chari. À partir de documents d’archives et d’une enquête menée au Gabon, cet ouvrage explore les circonstances dans lesquelles l’administration française eut recours au registre de la «folie mystique» envers le jeune roi élu. « L’Affaire Ogoula » est significative des frontières incertaines entre les juridictions militaire, administrative et médicale qui sont autant de modalités de contrôle des populations et de leur sujétion au projet colonial.
L’expérience singulière de Benoît Ogoula et celle, inséparable, de son peuple, se situent au croisement des intérêts scientifiques et idéologiques des années 1930-1950 et au seuil de l’émergence des imaginaires nationaux qui accompagnent l’effervescence religieuse et prophétique de l’Afrique équatoriale.
Sandra Fancello est directrice de recherche au CNRS et membre de l’Institut des Mondes Africains (IMAf, UMR 8171). Anthropologue, ses recherches portent sur les représentations contemporaines de la maladie et de la sorcellerie. Elle a notamment publié, Penser la sorcellerie en Afrique (Hermann, 2015) et Charismatic Healers in Contemporary Africa. Deliverance in Muslim and Christian Worlds (dir. avec A. Gusman, Bloomsbury, 2022).
André Mary est directeur de recherche émérite au CNRS. Anthropologue, spécialiste des prophétismes et des syncrétismes africains contemporains à l’œuvre dans la fabrique des identités, il est l’auteur de Visionnaires et prophètes de l’Afrique contemporaine (Karthala, 2009) et Les anthropologues et la religion (PUF, 2010).
Fiche technique
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