- Nouveau
Auteur(s) :Jean-François BAYART
Résumé :
Jean-François Bayart offre une synthèse de ses enseignements à l’IHEID (Institut de hautes études internationales et du développement - Genève) en restant fidèle à leur esprit, celui de la recherche. Il s’interroge sur les « affinités électives » entre les révolutions conservatrices contemporaines et la sphère religieuse dont elles se réclament. L’« érotique spirituelle » (Michel de Certeau) qui a marqué l’histoire des religions pourrait subvertir le projet révolutionnaire conservateur en donnant naissance à une spiritualité politique queer.
Jean-François Bayart offre une synthèse de ses enseignements à l’IHEID (Genève) en restant fidèle à leur esprit, celui de la recherche. Il a toujours voulu que ses étudiants en sachent moins en sortant de ses cours que quand ils y étaient entrés.
Il met en garde contre la surinterprétation religieuse des faits socio-politiques en tenant néanmoins compte des « logiques intrinsèques » de la foi.
Il s’interroge sur les « affinités électives » entre les révolutions conservatrices contemporaines et la sphère religieuse dont elles se réclament. La religion, haut lieu du changement social, incarne elle-même cette « simultanéité des contraires » (Ernst Bloch) qui est le propre des révolutions conservatrices. Ces dernières assemblent une définition identitariste de la nation et un traditionalisme moral avec l’exaltation de la technologie. En outre, la religion est lourde de ses propres ressentiments, susceptibles de grossir le fonds de commerce des révolutions conservatrices.
Mais la spiritualité n’est pas soluble dans la violence inhérente aux révolutions conservatrices. En outre, celles-ci sont en porte-à-faux avec la sécularisation des sociétés et les transformations de la vie intime.
L’« érotique spirituelle » (Michel de Certeau) qui a marqué l’histoire des religions pourrait subvertir le projet révolutionnaire conservateur en donnant naissance à une spiritualité politique queer.
Jean-François Bayart, ancien directeur de recherche au CNRS et directeur du CERI-Sciences Po de 1994 à 2000, titulaire de la chaire Yves Oltramare « Religion et politique dans le monde contemporain » à l’IHEID (Genève) de 2015 à 2026, est un spécialiste de sociologie historique et comparée du politique. Il a publié de nombreux ouvrages chez Karthala – dont Les Etudes postcoloniales, un carnaval académique (2010) et Malheur à la ville dont le Prince est un enfant. De Macron à Le Pen ? (2024) – et il y dirige la collection « Recherches internationales ». Il est également l’auteur, chez d’autres éditeurs, de L’Etat en Afrique (1989), L’Illusion identitaire (1996), Le Gouvernement du monde (2004), L’Islam républicain (2010), L’Energie de l’Etat. Pour une sociologie historique et comparée du politique (2022).
Cet ouvrage est publié avec le concours de la Chaire Yves Oltramare « Religion et politique dans le monde contemporain » de l’IHEID (Genève)
Avertissement
Moment 1
L’historicité des catégories de la religion et du politique
L’illusion géographique
Le regard de la sociologie historique et comparée du politique
Les limites de la géopolitique de la religion
L’universalité de l’invisible
Moment 2
Entre Charybde et Scylla
Dieu pour tous, et chacun pour soi !
La « cité cultuelle »
Moment 3
Dieu aime-t-il le changement ?
Dieu est-il un révolutionnaire conservateur ?
Le ressentiment religieux
Le complot homosexuel
Dieu, passeur de la révolution conservatrice ?
Le Grand Rendez-Vous
Dieu au secours de la démocratie ?
La subversion religieuse de la révolution conservatrice
Moment 4
Désirs et religion
Dieu est-il homophobe ?
« Masturbate, don’t rape ! »
La polysémie des actes
Pour une conscience historique de notre conscience sexuelle et religieuse
Désirs et méthode
Moment 5
Lignes de fuite
Erotisme et spiritualité
Vers une « spiritualité politique » queer ?
Sélection bibliographique
Fiche technique
Vous aimerez aussi